Le régime Klopp fait un tabac

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Vainqueur  à Hanovre (4-0), le Borussia Dortmund de Jürgen Klopp confirme son emprise sur la Bundesliga alors que le Bayern se traîne à douze longueurs.

Alors que sa nomination au poste d’entraîneur de Dortmund en 2008 avait suscité des réserves, Jürgen Klopp est désormais révéré car il a propulsé depuis deux journées le Borussia en tête du championnat d’Allemagne, pour la première fois depuis 2002. Jusqu’à peu, il était « Kloppo », l’ancien joueur de 2e division (325 matches entre 1990 et 2001), beau gosse sympa qui partageait son temps entre son poste d’entraîneur de Mayence (2001-08) et ses piges de consultant télé. Cette image lui collait tellement à la peau que les supporters de Dortmund avaient accueilli avec incrédulité son recrutement en juillet 2008.

« Vollgasfussball »

Mais Klopp les a rapidement convaincus : pour sa première saison, il a conduit le Borussia à la 6e place, puis l’a ramené sur la scène européenne avec une 5e place en 2009-10. Et la progression se poursuit : depuis la 10e journée où il a battu Mayence (2-0), la seule équipe à suivre son rythme, le Borussia est leader, avec aujourd’hui 28 points et six victoires à l’extérieur de suite avec celle d’hier à Hanovre (4-0), un exploit parfaitement inédit en Bundesliga.

«C’est mon meilleur transfert depuis que je suis en poste», se félicite Michael Zorc, l’ancien joueur des années 90, directeur sportif du seul club allemand coté en Bourse dont l’action, longtemps malmenée, retrouve aussi des couleurs. «Si cela ne tenait qu’à moi, Jürgen signerait un contrat à vie», renchérit le directeur général, Hans-Joachim Watzke.

Si son contrat expire en 2012 et si le Bayern qui avait songé à lui en cas de refus de Jürgen Klinsmann en 2008 se manifestait à nouveau, Klopp n’aurait pas l’intention d’aller voir ailleurs. «Entraîner Dortmund, c’est un cadeau», insiste-il.

L’avenir s’annonce radieux pour le club de la Ruhr, vainqueur de la Ligue des champions 1997, qui avait failli déposer le bilan au début des années 2000. Confronté à un endettement colossal (150 millions d’Euros), Klopp n’a eu de choix que de vendre ou laisser partir les plus gros salaires et renoncer à d’onéreux transferts pour lancer des jeunes issus du centre de formation ou repéré ailleurs. Son équipe regorge de talents comme les Allemands Grosskreutz, Götze et Bender, le Turc Sahin, le Japonais Kagawa et le Serbe Subotic. Elle séduit par son style offensif et sa condition physique impeccable, ce « Vollgasfussball » (football à pleine vitesse) promis par Klopp et qui n’est pas sans rappeler le style de l’Allemagne lors du Mondial 2010.

Même s’il refuse de perdre «un centième de seconde» à penser déjà à un éventuel sacre de champion, Klopp sait qu’il doit gagner des titres pour définitivement convaincre. Seul «Kloppo» a pour l’instant un palmarès avec… le prix de meilleur consultant télé 2006 et celui du plus beau porteur de lunettes 2008 !